Une Fin d’après-midi de Tiphaine Mora est d’abord emblématique d’une poésie du quotidien au sens noble de l’expression, fidèle au projet baudelairien de transfiguration, rythmique et imagée, du quotidien le plus ordinaire en objet digne d’attention.

Bien ancrée dans notre époque, influencée par la musique blues, le cinéma et la photographie anglo-saxons, voilà une poésie étrangement accessible, proche en cela d’un Prévert et en même temps suggestive comme une photographie de Henri Wessel.

Refusant de réduire la poésie à un genre, persuadée au contraire qu’il s’agit d’un acte révélateur d’une force cachée, dépassant par là même le champ de la littérature, Tiphaine Mora fait de chacun de ses poèmes un petit univers à tonalité variable, tantôt marqué par le drame de la vie, tantôt imprégné de son mystère.