Littérature générale à compte d'éditeur.

Danielle CUSIN

TROIS CANTILENES

Danielle Cusin est Orléanaise, elle a été longtemps enseignante en centre ville où elle vit avec sa famille. Depuis longtemps, elle écrit et vient de publier un premier livre à l’Harmattan. Elle enchaîne pour son plus grand plaisir avec TROIS CANTILENES, un volume de nouvelles dans nos éditions.

EI : Depuis quand écrivez-vous ?

DC : J’ai toujours écrit des bribes depuis l’enfance, j’avais un instit Freinet, j’ai fait de l’imprimerie, mais je ne me suis mise en posture de produire un texte avec un début, un milieu et une fin, qu’à 35 ans. Je me suis jetée à l’eau : romans policiers, romans d’amour et tous les ans, je fais un livre pour mes petits enfants.

EI : Comment êtes-vous arrivée à l’écriture ?

DC : C’est par la lecture que je suis arrivée à l’écriture. A 8 ans, j’ai eu une primo-infection, je suis restée couchée des mois entiers, Grand-Père qui travaillait chez Hachette m’envoyait des valises de livres, je lisais Les Trois Mousquetaires, David Copperfield, tout. A 19 ans, j’ai décidé de lire TOUT ce qu’il y avait dans la bibliothèque de Montreuil. Je l’ai presque fait.

EI : Pouvez-vous nous raconter la genèse des textes composant votre ouvrage ?

DC : Le Crapaud, ce sont deux vérités universelles : tous les crapauds sont des princes et les splendeurs de Venise impriment sur la rétine des images érotiques. J’ai fait un amalgame à partir d’une conversation avec deux de mes amis qui traitaient une charmante obèse de « Crapaud » et un séjour enchanteur à Venise. Ce texte s’est imposé pendant le trajet du retour. J’ai fait de fréquents séjours à Venise.

Les trois cantilènes ont été pillées dans un de mes romans où l’une des héroïnes piquait des crises de nerfs les soirs de pleine lune. Pour l’écrire, je me suis inspirée des cris et des pleurs, de l’abandon de Liv Ullman dans Scènes de la vie conjugale, un film qui m’a beaucoup marquée.

Dans La Pédicure sans souci, le personnage principal est la grande chambre, lieu de souffrance ou de volupté.

Quant à La Dame anglaise, j’ai demandé à une de mes amies de me dire à quel moment elle la reconnaissait, elle m’a dit « Jamais ». Dans son journal, cette dame qui est mon écrivain de prédilection s’arrête à l’Ecu de Bretagne à Beaugency. J’ai longtemps habité cette petite ville et les parents d’un ami tenaient cet hôtel. Amalgame encore, très tentant.
Et vous, à quel moment reconnaîtrez-vous cette dame anglaise ?

EI : Quelles sont vos influences ?

DC : Etrangement, c’est Stevenson qui m’a le plus influencée. Vers quinze ans j’ai eu accès à une fabuleuse bibliothèque pleine d’auteurs du XIXème siècle. J’ai lu tout Stevenson avec passion. Un ami, à la trentaine, m’a prêté Essai sur l’art de la fiction. Il a été mon guide. Il est toujours sur ma table de nuit, je le connais par coeur. Ce sont les écrivains anglo-saxons que je préfère, Jane Austen, Dickens, Henry James, et Virginia Woolf, j’aime leur narration, leur sensibilité, comment ils mettent leur héros dans des impasses incroyables, la place qu’ils accordent à leur lecteur.

EI : Quels écrivains contemporains préférez-vous ?

DC : J’aime Philipp Roth à partir de La Tâche, Kazuo Ishigoro à qui je voue une grande admiration, Ian Mac Ewan. En France, mes préférés sont Jean-Philippe Toussaint, Pierre Michon et Chistian Gailly.

EI : Desquels vous sentez-vous proche ?

DC : De Maryline Desbiolles pour ses récits et de Lydie Salvayre pour ses imprécations.

PS : Ce que j’aimerais, c’est être une écrivaine anglaise !!!